Qui ?

L

1 m 645
poids variable 51.9 < x < 63.3
[x = 53-55 actuellement]

jolie
attendri[ssant]e
scribouillarde

Quoi ?

Pourquoi ?

Dimanche 25 mai 2008


La glace fond délicatement au contact de ma langue
et le parfum sucré se propage dans mes joues.

Mon ventre a gargouillé d’impatience, pendant que mon esprit rêvait langoureusement de cet instant, des heures durant, et pourtant je n’en profite pas, la pensée rassurante et obsédante de la prochaine gorgée accaparant tous mes sens. Ma bouche est plus avide que jamais de la délicieuse douceur marbrée. Cette sucrerie qui s’offre à ma vue et que mes mains caressent nerveusement me libère d’une imagination démultipliée qui reviendra malheureusement frustrer ma réalité. Mais pour l’heure, rien d’autre ne compte que les mouvements réguliers de ma cuillère pénétrant goulûment la mousse chocolatée, accrochant au hasard quelques copeaux ou aspirant la sauce fondue, que mes lèvres suçotent frénétiquement. C’est bon de se sentir occupée totalement au remplissage de son enveloppe corporelle après l’avoir si injustement privée de ces plaisirs alimentaires.

Lorsque mes yeux engourdis s’arrêtent sur les aiguilles pressées de la grande horloge dressée au-dessus de moi, cela ne m’évoque rien, je ne sais plus ce que cela signifie, j’ai oublié les jours, les mois, les années ; j’ai oublié que nous sommes des Hommes qui colonisent la Terre et tâchent d’y vivre en harmonie, sans pour autant réfréner nos désirs de puissance individuels ; j’ai oublié qu’il existe l’amour et la guerre, la vie et la mort, la philosophie et les mathématiques tout comme j’ai oublié que bientôt je serai au milieu de mes semblables, dans une salle de classe, à hocher la tête aux déclarations d’adultes fermement décidés à nous apprendre, comme eux, à faire semblant de comprendre.

L’espace-temps fond en période de boulimie
et l’agitation de l’Humanité se glace à mesure que la confiserie me remplit.




La FAIBLESSE,
c'est
de SE REPAÎTRE
ou
de NE PAS SE RASSASIER ?

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Jeudi 29 mai 2008

Amour Futile dans ces Esprits Dociles
Peu de Réponses à des Questions Faciles
Ecrasée sous le Poids du Ciel
Des Autres ; des Ils, des Elles
J'entends ces Paroles de Miel
Inutiles


Rester Immobile/Insensible.
L'Attendre s'Abattre, se Battre.
ENCORE
!

Trompée, Trompeuse
Le jeu surprend, les rôles s'inversent et tout se brouille en un indescriptible fracas
SILENCE !

Famille ? Petit Ami ? Amis ?
Adultes bienveillants et adolescents sembablement sincères ?
Mais où sont-ils donc TOUS passés ?


Complainte Futile de la Jeune Fille tristement désillusionnée...
GRANDIS !

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Dimanche 1 juin 2008

Les enfants s'agitent   [s'en balancent]
L'adulte récite
  [en transe]
L'horloge clame  
[son innocence]
D i e u  réclame   [sa conscience]
Le monde déclame   
[sa décadence]



Danse, en cadence
Sans aucun sens
Sans défaillances
Sans conséquences

Folle écolière
Paix à ton âme
Fais ta prière

Silence

L'air devient rance
En un éclair
La terre s'effrite
Immense
Sous tes doigts fiers
Tonnerre

Orage de véhémence

Tu déblatères
Vite
Vaine insolence
Va et profite

A d o l e s c e n c e
Tu peux t'y plaire
Tu peux te plaire
F e m m e

publié dans : Keep Kool
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Vendredi 6 juin 2008
Ils ont foulé les sols de l'établissement depuis le début de leur scolarité. Ils évoquent ensemble aujourd'hui, en ce dernier jour de cours, de poignants souvenirs, des manies professorales loufoques aux délires étudiants puériles, ils se rappellent, tendrement. Je suis au milieu d'eux comme une étrangère, cela fait deux ans seulement que je suis entrée dans leur univers.
J'aimerai participer à leurs discussions et vivre leur émotion, alors même que la mienne inonde discrètement le creux de ma poitrine. Je voudrais leur dire combien je les apprécie, d'un amour humain et attaché à leurs agissements quotidiens. Je voudrais leur dire combien ils me manqueront, combien j'aurai voulu parler avec eux, mieux les connaître sans oser pourtant sortir de mon mutisme distingué durant toutes ces heures passées négligemment à leurs côtés.
Je ne partage pas leurs activités nocturnes enfumées, alcoolisées et prétendre m'associer à leurs quotidiens m'est difficile, je ne fais que les observer. Je m'en délecte. Je vis à travers eux sans prendre de risques. Je m'esclaffe évidemment de temps en temps sur ce ton enjoué et hystérique qu'ils adoptent, je me tortille sur des talons, colle mon portable contre mon oreille en tordant mon visage de manière occupée et, mimant un engoncement sous une vie sociale débordante, j'hume alors avec délice le parfum de l'adolescence chic et blasée. Avant de retourner dans ma simplicité exemplaire qui me satisfait tant elle me rassure.
Mon parcours scolaire s'achève aujourd'hui. Sous des bruits de cris joyeux, ou tempétueux contre le directeur, des fumigènes colorés lançés ça et là qui excitent les plus jeunes, des jets d'eau amicaux et surtout une chaleur humaine plus déchaînée que jamais. Des destins qui se séparent, des sourires qui ne se croiseront plus, je reste spectatrice de ces quelques débordements amusants qui clôturent une période de ma vie, en immortalisant dans ma mémoire ces individus en liesse qui font d'une fête ce qui me brise le coeur.
Terminale.

Alors je mange pour oublier ma peine, caprice d'enfant abandonnée par ses pairs, je rôde autour du buffet disposé pour nous dans la cour par les Anciens en guise de bienvenue dans leur confrérie, les yeux avides de combler le manque que je sens peu à peu déchirer mon corps. Mes mains plongent dans les saladiers, y arrachent avec une nonchalance feinte les aliments qui s'y trouvent, j'ai alors à peine le temps de les poser dans ma vulgaire assiette en plastique qu'ils sont déjà engloutis et qu'il me faut repartir à l'assaut, encore, encore. Je repousse les contacts physiques que j'abhorre en ces périodes d'insatiabilité vorace, je fuis les discussions des autres élèves, je ne fais que fixer ma nourriture pour ne pas croiser leurs regards. Puis ma mastication se fait plus lente, fatiguée, mais la vue des desserts me trouble de nouveau. L'organisatrice n'a pas encore terminé de les couper en parts que j'en saisis un échantillon de chaque, toujours en souriant dignement, jusqu'à ne plus avoir de place dans mon écuelle. Alors, je vais m'asseoir au milieu de la foule dans la plus quelconque normalité et je déguste lentement, mélangeant les saveurs, me délectant du goût sucré et chocolaté qui se dégagent de cette matière granuleuse et esthétique qui se fond à ma salive. La lourdeur qui m'étreint peu de temps après est si insupportable qu'elle me donne envie de m'étaler de honte à même le sol ; qu'ils me foulent tous de leurs démarches assurées et si distinguées, eux qui conversent maintenant d'un air concerné et satisfait près de moi, tenant mollement les plats entre leurs doigts indifférents à la nourriture, ces mêmes qui déclineront de nouvelles portions "Non merci, je n'ai plus faim" diront-ils d'une voix comblée et délicatement retenue, eux qui affichent une mine douceureuse en saisissant mon épaule "Tu as maigri, toi dis-donc ! Attention, hein ?" ou grimaçante "C'est un peu calorique tout ça, non ?", eux qui jugent sans comprendre les heures passées à scruter les tableaux de valeurs caloriques des paquets de féculents, les aurores sur la balance à se mordre les lèvres. Oui, qu'ils m'écrasent tous sous leur prétendue grandeur bienheureuse, je leur rendrai toute offense au centuple tant ma colère gronde. 
Mais eux aussi, que je décris précédemment comme des ennemis, parce qu'il fait bon se poser comme incomprise de temps en temps, eux aussi possédent avec peine et discrétion des troubles semblables. Le but du jeu étant de faire croire l'inverse pour ne pas céder à la faiblesse de laisser les autres se gargariser de nos soucis, de nous plaindre en s'assurant supérieurs. Alors, qui d'entre eux tombera le premier ? Lequel restera en finale avec et contre moi ?

Les sons synthétiques emplissent l'espace de leur fadeur mélodique vainement répétitive. Les talons des filles claquent, les boucles de leurs sacs crépitent, les verres d'alcool s'entrechoquent, les chemises des garçons brillent sous les projecteurs, les mains se congratulent ou s'aventurent à la recherche de peaux ouatées, les bouches papillonnent en coeur et laissent échapper rires et plaisanteries sans gêne, la jeunesse est ici deshinibée, et à la voir ainsi pomponnée et légère, on pourrait croire qu'elle est heureuse.

Mes oreilles bourdonnent encore et ces grésillements internes donnent à la chambre obscure une atmosphère surréaliste. La couette molletonnée recouvre nos deux organismes patraques mais elle valse bientôt frénétiquement alors que nous nous échinons à nous donner du plaisir. Mes membres flottent psychédéliquement tant cette ambiance délicieusement feutrée est propice au relâchement, seul le contact débridé et ardent de sa langue avec la mienne rappelle ma conscience.
Bientôt le bac. Les grandes vacances. Puis la vie étudiante dans le journalisme.
Prête ?
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Mardi 10 juin 2008

Les Grèves de la Faim
sont des moyens de pression efficaces dans nos sociétés,
elles sont souvent utilisées en derniers recours pour faire connaître une cause et y rallier les émotifs de l'opinion publique.

Mais pourquoi l'inverse n'est jamais pratiqué ?
Pourquoi la menace d'un Assouvissement Permanent de la Faim n'est jamais utilisé ?
Ses dégâts seraient tout aussi néfastes et ravageurs pour l'organisme du manifestant
et sa mise en pratique bien plus impressionnante...
Une prise de décision serait d'ailleurs forcée plus rapidement pour gérer ce comportement
puisqu'il entraîne une destruction non négligeable
à plus court terme.

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Mardi 10 juin 2008
Je suis allée voir un psy aujourd'hui.
Pas Psychologue, mais Psychiatre, ou Psychothérapeute, ou Psychanalyste, je ne sais plus.

Pour la première fois de ma vie. Cela faisait si longtemps que j'attendais ce moment.
Depuis l'enfance ! "C'est atypique."  Oui, c'est vrai.


Plutôt, je suis allée parler à un psy aujourd'hui. Monologuer.

Mais je ne savais pas. Que c'est aussi "Aide-toi, le Psy t'aidera". 
Tu as conclu : "Ecoutez-vous. Faîtes-vous confiance".
Mais si je viens te voir, sacrichon, c'est justement parce que je ne suis plus en mesure de savoir toute seule ce que je veux, ce qu'il me faut, ce qui est bon pour moi ; si je viens te voir, diabolo, c'est parce que j'ai perdu en moi-même tous mes principes, toutes mes valeurs, que tout est remis en cause dans mon petit Esprit : oui, tu sais si je viens te voir, marmiton, c'est que pour y remédier, je pensais avoir besoin d'un avis extérieur, scientifique et professionnel, un avis comme le tien.

Tu m'as donné un autre rendez-vous.

J'ai eu envie de pleurer en me présentant à l'accueil tout à l'heure.
J'ai eu envie de geindre lorsque tu as attendu que je te raconte.
J'ai eu envie de chialer quand tu es resté silencieux, je triturais mes doigts pour masquer ma gêne.
J'étais vide lorsque la porte de l'Institut s'est refermée derrière moi, que je me suis retrouvée dans la rue.

Pourquoi te revoir ?!
Je me suis toujours débrouillée seule, sans aide extérieure. Après tout.

Cela faisait si longtemps que j'attendais ce moment !
[J'aurais préféré l'attendre encore un peu. Rêves d'enfant déchantés.]


Lorsque les complications ont finalement surgi (plus dévastatrices cependant que je les imaginais), j'ai pris conscience qu'elles ne seraient pas aussi faciles que prévu à évincer. Sauf si je me concentrais sur d'autres choses.
Et j'ai surtout compris que tu ne me servirais à rien. Freud, revient.
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Samedi 21 juin 2008

Rendez-vous fétiche de tous les lycéens parisiens, idéal pour faire la fête (littéralement boire jusqu'à l'effondrement et l'euphorie artificielle maximale) après une lourde semaine d'examens. Ils sont des milliers, ça grouille de partout. Ils sont regroupés en différents petits cercles au milieu desquels ils déposent leurs affaires et leurs victuailles, mais le mélange avec les autres ne saurait tarder. Tous ensemble, la fête est plus folle et ils ont les mêmes envies, les mêmes délires, les mêmes raisons d'être ici alors, portables greffés à l'oreille, ils cherchent maintenant de nouvelles connaissances parmi cet amas de filles maquillées à outrance titubant entre les garçons déchaînés, de bouteilles brisées éparpillées sur l'herbe, de cris de joie animaux ; ils s'enlaçent les uns les autres lorsque les recherches se trouvent fructueuses et chacun partage sa propriété alcoolique, petites gorgées amères qui troublent leurs terminaisons nerveuses, leurs sens, et visiblement, les libèrent.
Les policiers attendent non loin de là, flanqués de pompiers, prêts à intervenir. C'est surprenant de les voir aux aguets, impuissants à cette débauche, essayant de repérer les futurs comas éthyliques.
La nuit commence à tomber. De la musique s'évade des petites enceintes que certains ont amené mais le rythme techno est très largement étouffé par l'ambiance environnante. Le sol suintant de liqueurs aphrodisiaques accueille de temps en temps un adolescent qui s'y écroule violemment. A trop vouloir être superficiellement légers, ils en oublient la réalité et cette dernière s'impose plus durement à eux lorsque leur adrénaline redescend.
Mon sac sous le bras, je salue les personnes qui me reconnaissent, je leur souris et leur fait part de mes impressions sur ce fameux Bac. Je flotte dans cette atmosphère ouatée où tout le monde est déshinibé. Fête foraine.
Je surveille mon petit ami du coin de l'oeil, il tient une bouteille de whisky pur serré contre lui qu'il défend corps et âme contre des voleurs imaginaires, ses yeux brillent d'excitation et il vient parfois s'accrocher à moi lorsqu'il badde. J'essaie de le réconforter pendant qu'il s'excuse pathétiquement.
Il sait combien j'ai le coeur serré à le voir ainsi se transformer, jouer avec son corps et ses sensations, lorsqu'il perd toute dignité j'ai peur pour lui. Il sait aussi que j'admire ce comportement nonchalant et fêtard, parce que je ne pourrais pas me soûler ainsi : sans contrôle ni retenue de moi-même, qui sait ce que j'irai dévoiler...

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