
La glace fond délicatement au contact de ma langue
et le parfum sucré se propage dans mes joues.
Mon ventre a gargouillé d’impatience, pendant que mon esprit rêvait langoureusement de cet
instant, des heures durant, et pourtant je n’en profite pas, la pensée rassurante et obsédante de la prochaine gorgée accaparant tous mes sens. Ma bouche est plus
avide que jamais de la délicieuse douceur marbrée. Cette sucrerie qui s’offre à ma vue et que mes mains caressent nerveusement me libère d’une imagination démultipliée qui reviendra
malheureusement frustrer ma réalité. Mais pour l’heure, rien d’autre ne compte que les mouvements réguliers de ma cuillère pénétrant goulûment la mousse
chocolatée, accrochant au hasard quelques copeaux ou aspirant la sauce fondue, que mes lèvres suçotent frénétiquement. C’est bon de se sentir occupée
totalement au remplissage de son enveloppe corporelle après l’avoir si injustement privée de ces plaisirs alimentaires.
Lorsque mes yeux engourdis s’arrêtent sur les aiguilles pressées de la
grande horloge dressée au-dessus de moi, cela ne m’évoque rien, je ne sais plus ce que cela signifie, j’ai oublié les jours, les mois, les années ; j’ai oublié que nous sommes des Hommes qui
colonisent la Terre et tâchent d’y vivre en harmonie, sans pour autant réfréner nos désirs de puissance individuels ; j’ai oublié qu’il existe l’amour et la guerre, la vie et la mort, la
philosophie et les mathématiques tout comme j’ai oublié que bientôt je serai au milieu de mes semblables, dans une salle de classe, à hocher la tête aux déclarations d’adultes fermement décidés à
nous apprendre, comme eux, à faire semblant de comprendre.
L’espace-temps fond en période de boulimie
et l’agitation de l’Humanité se glace à mesure que la confiserie me remplit.
La FAIBLESSE,
c'est
de SE REPAÎTRE
ou
de NE PAS SE RASSASIER ?
Amour Futile dans ces Esprits Dociles
Peu de Réponses à des
Questions Faciles
Ecrasée sous le Poids du Ciel
Des Autres ; des Ils, des Elles
J'entends ces Paroles de Miel
Inutiles
Rester Immobile/Insensible.
L'Attendre s'Abattre, se Battre.
ENCORE !
Trompée, Trompeuse
Le jeu surprend, les rôles s'inversent et tout se brouille en un indescriptible fracas
SILENCE !
Famille ? Petit Ami ? Amis ?
Adultes bienveillants et adolescents sembablement
sincères ?
Mais où sont-ils donc TOUS passés ?

Complainte Futile de la Jeune Fille tristement désillusionnée...
GRANDIS !
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Keep Kool
3
Les enfants s'agitent [s'en balancent]
L'adulte récite [en
transe]
L'horloge clame [son
innocence]
D i e u réclame [sa
conscience]
Le monde déclame [sa décadence]

Danse, en cadence
Sans aucun sens
Sans défaillances
Sans conséquences
Folle écolière
Paix à ton âme
Fais ta prière
Silence
L'air devient rance
En un éclair
La terre s'effrite
Immense
Sous tes doigts
fiers
Tonnerre
Orage de véhémence
Tu déblatères
Vite
Vaine insolence
Va et profite
A d o l e s c e n c e
Tu peux t'y plaire
Tu peux te plaire
F e m m e
publié dans :
Keep Kool
1
Les Grèves de la Faim
sont des moyens de pression efficaces dans nos sociétés,
elles sont souvent utilisées en derniers recours pour faire connaître une cause et y rallier les émotifs de l'opinion publique.

Mais pourquoi l'inverse n'est jamais pratiqué ?
Pourquoi la menace d'un Assouvissement Permanent de la Faim n'est jamais utilisé ?
Ses dégâts seraient tout aussi néfastes et ravageurs pour l'organisme du manifestant
et sa mise en pratique bien plus impressionnante...
Une prise de décision serait d'ailleurs forcée plus rapidement pour gérer ce comportement
puisqu'il entraîne une destruction non négligeable
à plus court terme.
Rendez-vous fétiche de tous les lycéens parisiens, idéal pour faire la fête
(littéralement boire jusqu'à l'effondrement et l'euphorie artificielle maximale) après une lourde semaine d'examens. Ils sont des milliers, ça grouille de partout. Ils
sont regroupés en différents petits cercles au milieu desquels ils déposent leurs affaires et leurs victuailles, mais le mélange avec les autres ne saurait tarder. Tous ensemble, la
fête est plus folle et ils ont les mêmes envies, les mêmes délires, les mêmes raisons d'être ici alors, portables greffés à l'oreille, ils cherchent maintenant de nouvelles
connaissances parmi cet amas de filles maquillées à outrance titubant entre les garçons déchaînés, de bouteilles brisées éparpillées sur l'herbe, de cris de joie animaux ; ils
s'enlaçent les uns les autres lorsque les recherches se trouvent fructueuses et chacun partage sa propriété alcoolique, petites gorgées amères qui troublent leurs terminaisons nerveuses, leurs
sens, et visiblement, les libèrent.
Les policiers attendent non loin de là, flanqués de pompiers, prêts à intervenir. C'est surprenant de les voir aux aguets, impuissants à cette
débauche, essayant de repérer les futurs comas éthyliques.
La nuit commence à tomber. De la musique s'évade des petites enceintes que certains ont amené mais le rythme techno est très largement étouffé par l'ambiance environnante. Le sol
suintant de liqueurs aphrodisiaques accueille de temps en temps un adolescent qui s'y écroule violemment. A trop vouloir être
superficiellement légers, ils en oublient la réalité et cette dernière s'impose plus durement à eux lorsque leur adrénaline
redescend.
Mon sac sous le bras, je salue les personnes qui me reconnaissent, je leur souris et leur fait part de mes impressions sur ce fameux
Bac. Je flotte dans cette atmosphère ouatée où tout le monde est déshinibé. Fête foraine.
Je surveille mon petit ami du coin de l'oeil, il tient une bouteille de whisky pur serré contre lui qu'il défend corps et âme contre des voleurs imaginaires, ses yeux brillent
d'excitation et il vient parfois s'accrocher à moi lorsqu'il badde. J'essaie de le réconforter pendant qu'il s'excuse pathétiquement.
Il sait combien j'ai le coeur serré à le voir ainsi se transformer, jouer avec son corps et ses sensations, lorsqu'il perd toute dignité j'ai peur pour lui. Il
sait aussi que j'admire ce comportement nonchalant et fêtard, parce que je ne pourrais pas me soûler ainsi : sans contrôle ni retenue de moi-même, qui sait ce
que j'irai dévoiler...
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FantasMique
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