Qui ?

L

1 m 65
poids variable 51.9 < x < 63.8
[x = 57-58 avant, au début]

jolie
attendri[ssant]e
scribouillarde

Quoi ?

Pourquoi ?

Texte Libre

Nous voilà jolis, nous voilà beaux,
Tout empâtés, patauds, par les pâtés les gâteaux.
Nous voilà beaux, nous voilà jolis,
Ankylosés, soumis, sous les kilos de calories.


"On est foutu on mange trop."
Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 21:18

Snapshot_20110715_16.jpgIl est devenu tellement auto-suffisant, tellement proche des gens, tellement cicatrisé du passé, tellement inconscient de ses faiblesses, tellement pressé de passer à autre chose, tellement sournois, tellement menteur qu'il me fait penser à un petit poussin évoluant dans un enclos plein à craquer d'autres petits poussins, jouant de ses ailes pour se donner la stature qu'il n'a pas et piaillant plus fort que ses voisins pour donner l'illusion de contrôler la situation qui lui échappe totalement. Je ne l'aime plus. Je le vois réapprendre à vivre parmi ses congénères, chercher à effacer mon apprentissage, souhaitant redevenir celui qu'il était auparavant et je préfèrerais que le sol s'ouvre sous moi et m'aspire en l'espace d'une seconde pour que je n'ai plus le temps d'y réfléchir. Au lieu de cela, sa verve et son visage trop bien dessiné continuent à me hanter. Tant de partage, tant de dons, physiques et verbaux, pour que le disciple cherche finalement à regretter son engagement et à s'affranchir de l'emprise. Mais c'est peut-être qu'il a trop bien compris la méthode, parce que ce faisant, il inverse les rôles, me chamboule et devient le leader, celui sur qui tout repose, celui qui par la prononciation d'un seul mot change le cours des choses, celui qui manipule assidûment, qui donne confiance puis qui détruit.

 

J'ai envie de retrouver un nouveau partenaire, mais j'ai peur de n'avoir plus ni l'énergie, ni la volonté nécessaire.


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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 21:41

Un jour, tu te prends une claque dans la gueule. Pas forcément bruyante, la claque, elle est sournoise et maligne, elle te frappe le visage et t'assaille en silence. Tu es le seul à l'avoir reçue, le seul à l'avoir entendue, et tu restes sonné par tant de violence. Après cet affront discret mais non moins destructeur, tu regardes autour de toi pour chercher de l'aide, mais tout continue à bouger, les gens ne s'arrêtent pas de vivre et une sirène de pompiers passe au loin en hurlant. Tu es seul, tu ne peux pas crier parce que les passants te regarderait comme une chose fragile et ivre, alors tu t'enterres dans ton propre malheur et tu essayes d'oublier que pendant un instant, tu as compris que rien n'avait d'importance et que le monde n'est qu'un souterrain sans lumière et sans espoir.

 

Il crache de la colère par les yeux, ses pupilles ultra-dilatées ne perçoivent plus ta réalité, il est ailleurs et n'a qu'une idée en tête : mourir. L'en empêcher ne ferait que retarder l'échéance, mais tu t'échines à lui parler, lui rappeler que la vie vaut la peine d'être vécue, qu'un passage à vide fait partie du jeu, mais y crois-tu seulement toi même ?

 

Tu es lasse de ne rien faire, mais bouger ne serait-ce qu'un membre t'es insupportable. Dans la rue, il fait jour, les gens s'attablent aux terrasses des restaurants et tu as envie de t'asseoir avec eux mais tu traînes ton corps un peu plus loin, comme si la réponse ne se trouvait pas au milieu de cette chaleur humaine. "Qu'est-ce que vous voulez boire ?" Tu regardes le serveur sans comprendre que tu t'es quand même posé sur un fauteuil en osier pour regarder les autres et avaler une gorgée de mousseux de mauvaise qualité.

 

La carte fait quelques centimètres carrés seulement, mais avec elle tu peux avoir accès à tout ce dont tu souhaites. De quoi te repaître, t'enivrer, te vêtir, te disperser. Si parfois tu souhaiterais la perdre pour ne plus te laisser aller à des dépenses futiles, tu es bien contente de la trouver à son emplacement, dans la pochette de ton porte-feuille, lorsque quelque chose t'attire. Tu te dis que finalement, le bonheur n'est pas cette athmosphère constante et anésthésiée que tout le monde espère atteindre un jour, comme une délivrance. Non, le bonheur, ce n'est qu'une seconde de détente, une inspiration, un petit espace dans lequel tu te sens léger et qui est d'autant plus appréciable qu'il ne dure qu'un temps.

 

Tout est morne, seule l'écorce des arbres a du relief et t'impressionne. Sans bruit ni outrage, elle est disposée dans la ville comme un point de repère, et si tu grattes une partie du tronc, tes ongles se disloqueront peut-être, tes mains y resteront sûrement collées à la sève et tu seras toi-aussi immobile pour le restant de tes jours, à atteindre que les passants daignent t'observer et te donner un peu de chaleur en posant leurs paumes sur ta poitrine désséchée.

 

Pourquoi un jour les couleurs au-dehors ne ressemblent plus qu'à de la grisaille rebutante ? Pourquoi la musique ne parvient plus à te transcender, est-ce parce que tu veux la comprendre et tu décortiques tellement le son dans ton esprit que tu isoles chaque instrument et qu'au final ils perdent tous en intensité ? Pourquoi vouloir réduire les personnes qui t'entourent à de simples pions dont tu disposes ça et là sans y porter une quelconque attention ?

 

Lettre ouverte aux citoyens du monde qui vont déprimés et sans but tous les jours. Aujourd'hui, Vendredi 18 Novembre, c'est une bien belle journée pour mourir. Il faut s'asseoir sur un banc face à un passage de corps incessant pour comprendre le malaise ambiant qui règne sur Terre. Une femme laisse pendre un sac en plastique le long de son bras et halpague les gens en hurlant, elle est suintante d'alcool et trimballe sa carcasse comme un lourd fardeau. Une autre à la démarche royale a relevé ses cheveux noirs en une houppe gigantesque qui lui mange le front et appelle désespérément le regard des autres. Je n'aime pas les magasins et les allées où tout le monde déambule et fait semblant d'avoir quelque chose à faire. Nous devrions vivre nus et sans domicile, à errer dans les fôrets, rencontrant nos semblables par hasard aux détours des chemins boueux, à attraper des baies et rouler dans l'herbe, à tracer un alphabet hypothétique à l'aide de bâtons pour se comprendre.


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