Qui ?

L

1 m 65
poids variable 51.9 < x < 63.8
[x = 57-58 avant, au début]

jolie
attendri[ssant]e
scribouillarde

Quoi ?

Pourquoi ?

Texte Libre

Nous voilà jolis, nous voilà beaux,
Tout empâtés, patauds, par les pâtés les gâteaux.
Nous voilà beaux, nous voilà jolis,
Ankylosés, soumis, sous les kilos de calories.


"On est foutu on mange trop."
Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 09:24

Ex (éc)utoire 



Dans le foyer de ce Bois divinement éclairé,
En cet espace peuplé d’espèces de Peupliers,
J’hume la brume des hauteurs.
Entourée d’eux, je n’ai plus peur
Des affres de l’Humanité.
Courbée sous la Conscience pesante de mon Existence,
Je lève mon regard vers le ciel
Là où les branches des Séquoias convergent entre elles.
Je tente ma chance.

Renaissance

Un filet d’Eau glisse le long d’un roc poli par le vent
Déposant des gouttes de rosée
Tout contre le tronc d’un beau Bouleau
Majestueusement dressé dans la lumière du jour.
Des bouquets de mousse sont piquetés de fleurs colorées et odorantes, ils se mêlent harmonieusement aux tiges des plantes vivaces
Langoureusement enroulées autour de l’écorce des Oliviers.
Les Cèdres suppurent, les Frênes frétillent,
Le Soleil se reflète sur leurs feuillages.
Leur Oxygène m’émoustille tant il est pur !
Autour de moi, ils se murmurent
Doucement, en un souffle fébrile,
Les Secrets de la Nature.

Je suis en quête de Racines.

Combler ma faim,
Décrypter mon Arbre généalogique,
Enfin comprendre d’où je viens,
Guérir de cette vie anorexique.
Marron et vert,
couleurs dont je n’ai que les yeux,
Les Résineux ont tous une place
Engoncés fièrement dans la Terre tiède.
Mais nul espace où déposer ma carapace !
A mon ennui, pas de remède…
Alors je m’allonge là,
Et peu à peu recouverte de boue et d‘engrais,
Déjà les insectes les plus aventureux escaladent ma nuque,
Les fougères agrippent mes chevilles nues.
Fondue dans le paysage !
Telle une frêle brindille, effeuillée,
Trop petite, abandonnée.
Je reste immobile.

Sereinement auréolée et comblée

Par cet exil dans la Forêt.

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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 22:32
La jouissance se propage dans mon corps et tous mes membres en tremblent d'aise. Je plane enfin. Le déferlement de plaisir qui se déverse en moi à cet instant me fait passer dans le monde sensible où chaque chose n'est que douceur et plénitude absolue. Puis, comme tous les bonheurs, celui-là aussi s'évapore et je rouvre brutalement les yeux, consciente à nouveau de l'horreur qui m'entoure. Au dessus de moi s'échine un visage anguleux et transpirant que je rejette aussitôt avec force.
"Dégage !"
L'individu gît sur mes draps soyeux et arbore une mine déconfite, ses pupilles injectées de dopamine reprennent peu à peu leur dignité tandis qu'il hurle des insanités, frustré. Je saute prestement du lit et lui balance son jean en le sommant de cacher sa nudité qui me paraît maintenant obscène.
"Allez, tire-toi !"
"Il y a un quart d'heure, c'était "tire-moi" que tu criais !"

Je soupire en observant son ultime masturbation et lui adresse une grimace méprisante avant de partir à la recherche d'une cigarette. Mes ongles raclent les murs sur mon passage et je traverse les pièces somptueusement raffinées et décorées avec goût d'une nonchalance déconcertante.
"Mec, t'abuses !"
En revenant dans ma chambre, le sperme a giclé jusque sur le grand miroir qui domine l'âtre de ma cheminée condamnée. Le liquide poisseux y trace désormais de drôles de symboles tarabiscotés et lorsque je découvre cet affreux spectacle, j'ai envie de fracasser chaque objet de mon quotidien qui assiste, impassible, à ma déchéance.
Mais je me renfrogne et ne fais qu'observer l'homme enfiler ses vêtements, lui n'ose plus me regarder en face. Il se détourne même de moi en se postant à ma fenêtre pour y contempler la ville endormie sous les lumières blafardes du ciel.

"Mon fric. Combien ?"
Je crache la fumée voluptueusement et lui indique le salon, dans le reflet flou de la vitre, de mon index paresseux.
"Dans la commode. Ce que tu veux."
Il y trottine, moi sur ses talons pour mieux ricaner de le voir agripper les billets par poignées avides pour les fourrer rageusement dans ses poches. 
"Deux mille pour un orgasme, ça fait cher."
Il s'immobilise.
"Sale gigolo", je rajoute, dans un sourire pernicieux, pour le rabaisser définitivement.
"Mais c'est quoi ton problème, bordel ?!"
Je lisse mes cheveux d'une main distraite pendant qu'il me lorgne avec répulsion, le front plissé de colère.
"T'occupes. Permets-moi de te dénigrer, tu me pilles ! Laisse-moi faire comme si j'en avais quelque chose à foutre... Et fais juste ton métier."
"Et ton métier à toi, c'est quoi ?"
Je laisse échapper un gloussement factice et c'est la vapeur du tabac dont je me suis entourée pour disparaître qui répond à ma place.
"Rien. Le vide. L'ennui. C'est plus dur que ce que l'on croit."
Il a claqué la porte et j'entends encore ses pas claquer sur la chaussée pendant de longues secondes.
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 11:04

Elle dévale la route comme une folle.

Elle se déleste de sa souffrance avec délice et grimace de plaisir en fournissant cet effort désespéré. Ses longs cheveux noirs qui longeaient son visage et cachaient ses émois tourbillonnent désormais autour d'elle, entièrement libres. Sa vareuse voltige gracieusement à chacun de ses sautillements. Son cœur bat la chamade, prêt à exploser, mais ses jambes refusent de ralentir. Depuis qu'elle s'est lancée dans cette course effrénée, chacune de ses foulées claque sur le sol et résonne dans son esprit avec une telle violence qu'elle en est étourdie. Mais elle jette des petits morceaux d'elle sur son passage et, comme si elle se décomposait, cela lui fait un bien fou de se sentir légère. L'envie de vivre la prend si fort à cet instant qu'une explosion orgasmique éclate à l'intérieur de son corps, cet élixir de jouvence parcourt prestement tous ses membres régénérés et la dopamine pénètre son cerveau ; une sensation de plénitude si inattendue lui laisse échapper un cri de victoire fulgurant tandis qu'elle continue de courir.

Ils l'ont méchamment trahie et honteusement manipulée, pendant longtemps ; comme de vulgaires prédateurs, ils ont profité de sa naïveté et abusé de sa clémence, pendant trop longtemps, pense-t-elle. Chaque jour, elle assistait à l’écœurant triomphe de leur règne délictueux sans méfiance. Leur mot d'ordre était de la protéger, mais ils l'avaient coupée du monde en l'arrachant brutalement à son quotidien, ils l’avaient nourrie de médication narcotique pour la neutraliser, elle le comprend et sait désormais quelles étaient leurs réelles intentions. Séquestrée durant un temps qui s'apparente à une éternité, elle a presque oublié ses souvenirs de l'existence de l'humanité, de la réalité maintenant offerte à sa vue. Alors, à présent en-dehors des murs au sein desquels elle avait été retenue prisonnière pendant si longtemps et avait failli étouffer, elle redécouvre chaque détail du monde avec une passion fiévreuse et un émerveillement puéril, comme si c'était la première fois qu'elle en discernait les contours et en respirait l'atmosphère.

Elle lève les yeux pour contempler les formes fantasmagoriques blanchâtres que les nuages dessinent dans le crépuscule de l’azur, elle est fascinée par ces étranges figures chimériques qui semblent esquissées par des divinités sibyllines en quête de créativité. La clarté bleutée de la brume qui se déplie dans les nuées prélude à un magnifique spectacle nocturne. Tout à coup, elle ne sait plus si c’est elle qui fait danser les cumulo-nimbus en accélérant ou le vent qui les transforme de son souffle capricieux, en provoquant de cotonneuses collisions et de moelleuses fusions. Ces images incertaines brouillent sa raison, elle croit tant y découvrir des portraits patibulaires aux frimousses exsangues qu’elle préfère détourner le regard.
Elle baisse la tête et repère en souriant de drôles de végétaux bordant le bitume sur lequel elle s'épuise depuis de longues minutes déjà. Alors qu'elle prend garde de ne pas les broyer sous ses rapides enjambées, les tiges verdâtres oscillent fâcheusement sur son passage. Surplombées de pistils délicats aux pétales multicolores, la douce lumière du soleil couchant se réfléchit sur les plantes et même de houleux balancements ne peuvent troubler cette communion rare des éléments naturels. Elle voudrait se baisser vers elles, en cueillir quelques unes, les porter à sa hauteur puis les serrer contre elle, enfin sentir leur suaves fragrances tant de fois vainement matérialisées par ses sens devenus infirmes, mais cette contemplation florale empressée se paralyse aussitôt. Une clameur rageusement vociférée lui parvient et trouble, en s'insinuant dans les méandres de son esprit torturé, ses charmantes pensées naissantes : c'est son prénom que, dans le lointain, on martèle énergiquement.

"Ana ! Ana !"
Elle n'ose pas se retourner et, pour ne pas freiner son essor, se contente tout d'abord de contenir l'effroi qui dilate ses pupilles et gonfle sa poitrine d'un lourd sanglot de découragement. Après cette échappée insoupçonnée par ses persécuteurs qui s'est révélée fructueuse, comment pourrait-elle retourner à sa condition de recluse s’ils la rattrapaient ?
Elle avait toujours pensé qu’en franchissant les imposantes grilles de l’établissement, elle serait sauve : pour ce faire elle avait du se tenir amorphe les yeux vidés de toute émotion des heures durant pour ne pas attirer l’attention, sombrement assise sur la couverture déchirée de son lit grinçant alors que son corps fourmillait d’impatience à l’élaboration de son plan. Elle avait attendu patiemment tout le jour l’heure tardive du dîner pour agir et pendant que ses tortionnaires se repaissaient enfin allègrement, elle avait sorti du renfoncement en tissu de son soutien-gorge l’objet d’un vol antérieur, la précieuse clef de son oubliette. Ils la pensaient déraisonnée et abrutie des suites des infâmes traitements qu’il lui infligeaient continuellement, ils l’avaient cru soumise à leur aliénation démoniaque et songeaient avec une satisfaction égoïste qu’ils étaient parvenus jusque là à l’anesthésier complètement et la priver d’espérance. Pourtant, elle avait discrètement subtilisé des indices de leur puissance en rêvant du jour où elle en ferait bon usage et elle avait traversé ce soir-là le couloir principal à pas feutrés, en prenant soin d’esquiver les sentinelles qui rôdaient vicieusement, puis elle avait glissé furtivement sur les gravillons blancs dont était enduit le grand parc et s’était écorché la peau en franchissant les murets de pierre qui la séparaient encore de l’entrée. Là, elle avait rampé avec agilité sous les barreaux de fer du monstrueux portail, creusant à l’aide de ses ongles dans le gravier et enfonçant en de vifs soubresauts son maigre corps à ras du sol, aveuglée par la clarté du ciel, haletante, tant la retrouvaille avec un climat non artificiel lui brûlait la chair ; ensuite prise d’une ultime impulsion, elle s’était engagée vers l’extérieur. Après avoir trébuché sur quelques mètres, abasourdie, elle s’était finalement jetée avec précipitation sur le chemin goudronné qui s’ouvrait à elle et sa démarche s’était faite de plus en plus cadencée et déterminée pour laisser place à une course galopante.

Les réminiscences de son audacieux périple virevoltent dans les confins de son âme meurtrie et lui arrachent une larme. La flamme de sa libération conditionnelle se consume à mesure que les hurlements se font plus proches, plus oppressants, plus porteurs de l’accostage qu‘elle redoute et qui lui sera peut-être fatal. Ses membres fatiguent déjà, désaccoutumés d’une telle épreuve physique, des spasmes courbaturent ses cuisses et ses mollets sont tiraillés de toutes parts ; elle a si mal. Le liquide lacrymal qui goutte de sa paupière endolorie est chassé par un bref revers de sa main.
Elle rumine cette époque d’ennui, de docilité et de honte qui a constitué sa vie auprès des scélérats qui la pourchassent actuellement comme du bétail, elle crache sur ses pairs qui ne sont pas venus la libérer de cette emprise mielleuse et ce relent de haine inopiné lui donne la force supplémentaire et la confiance dont elle a besoin pour prolonger son sprint et persévérer dans sa lutte acharnée pour sa délivrance.

Elle tente un regard en arrière mais le dénivellement de la chaussée lui cache ses adversaires. Elle scrute l’espace qu’elle avait précédemment jugé si accueillant à la recherche d’un soutien, d’un refuge mais il n’y a personne aux alentours, aucun quidam ne traîne dans cet endroit reculé que les herbes folles envahissent presque intégralement, il n’y a autour d’elle que ce ciel, ces fleurs et cette route ; cette route qui semble s’étendre à l’infini sur laquelle elle s’échine, cruelle interface entre son enfer et l’éden auquel elle aspire ; cette route qui la torture, alors qu’elle se présumait près de son but, elle ne cesse de s’étirer et c’est comme si le trajet déjà parcouru par ses foulées harassantes n’en représentait qu’une infime et insignifiante distance ; cette route qui absorbe ses dernières forces et reste impassible aux cavalcades intrépides de ses hôtes rivaux.

"Ana !"
Elle comprend que tout est perdu. On a agrippé vigoureusement son col et on tente de la bousculer. Ses pas s’emmêlent rageusement, elle est saisie d’une ardente effervescence, son organisme en détresse se débat et se contorsionne d’un tel ondoiement pour échapper à l’insupportable rafle dont elle est de nouveau victime que sa gesticulation en devient ridiculement comique.
Elle s’écroule à plat ventre, patraque, son minois vaseux est douloureusement éraflé par l’asphalte tandis que des ombres bruyantes s’agitent au-dessus d’elle. Sa main tremble encore sur le terreau, elle se referme sur un fagotin de bouton d’or lorsque l’haleine d’une bouche chaude lui caresse furtivement l’oreille.

"Pourquoi vous-êtes vous enfuie, Mademoiselle Chorète ?"
Son état semi-comateux l’empêche de crier sa peine et d’éructer la pléthore d’insultes qu’elle a sur le cœur depuis longtemps envers eux. Elle reste silencieuse, elle a lâché ses armes et congédié ses envies de conquête du monde ordinaire dans sa dégringolade. Elle n’était peut-être pas encore prête, considère-t-elle, en proie à d’amers regrets qui tenaillent sa poitrine et la rabaissent à sa morne condition. On jacte plus posément qu’à brûle-pourpoint maintenant que le désarroi a laissé place à un calme relatif et que la brise de la nuit rafraîchit tranquillement les esprits. On entoure avec précaution d’un linge tiède son corps secoué de frissons et on rajuste ses cheveux.
"Ramenez-là."

Elle sent qu’on la soulève et, entrouvrant chétivement un œil, admire une dernière fois l’impressionnant dôme céruléen qui culmine tous les fragments de vie, dont les fragiles carcasses qu‘elle entend bruisser à proximité de la sienne. Elle est finalement bien plus à l’aise lovée dans ces bras tolérants que pieds-nus laissée à elle-même sur ce chemin mais elle ne peut encore se l’avouer sans embarras. La blouse qui la recouvre laisse de temps à autre apercevoir l’écusson doré qui lui fait tant horreur mais qu’elle partage néanmoins avec l’équipe médicale de l’hôpital psychiatrique qui marche à ses côtés, rassérénée.

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Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /Juil /2008 11:54


Bac AB opé
Période Noire terminée



 Souriez...
 C'est l'été !



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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 11:11

Glaces. Bonbons. Chocolats. Frites. Pain.
L'été et ses Excès.


Je suis redevenue une grosse masse informe qui dégouline dans ses vêtements et roule pour se déplacer vers la table aux heures fatidiques des repas.
Mon corps est tout boursoufflé, mon bronzage dépérit, mes cheveux de paille pendent lamentablement autour de mon visage dégoûté. Alors :


- Je suis au régime.
- Je profite de chaque rayon du soleil et je m'enduis parfois de crème autobronzante parfumée.
- Je vais me faire une frange pour changer.




Tout le monde rentre en cours ou du moins reprend son activité, son travail pendant que je continue à zoner, et ce pour un mois et demi encore, un temps sabbatique désoeuvré dont je ne sais que faire. Impuissante !


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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 16:09


C'est beau les p'tits Enfants qui sèchent les cours de l'école
C'est beau leurs Ainés qui se mouillent avec de l'alcool
C'est beau leurs Géniteurs qui tendrement en rigolent
C'est beau tous ces Gens qui chuchotent que je suis Folle

C'est beau les talons noirs et mini-jupe assortis
C'est beau les dépravées et les Filles extraverties
C'est beau l'Amour facile avec un N'Importe Qui
C'est beau les Rires, les Cendres, le Sperme en accès gratuit

C'est beau les paquets vides de Bouffe qui jonchent les poubelles
C'est beau les Vols et Viols au fond des sombres ruelles
C'est beau les arrestations Colorées à la pelle
C'est beau les Disputes vaines de toutes les Familles entre elles

C'est beau les affiches de Pub aux Plastiques exemplaires
C'est beau les sac à dos des Hommes remplis d'Adultère
C'est beau la Bourgeoisie, les Pauvres et leurs Misères
C'est beau toute la Beauté qui semble régner sur Terre



                                                      Je te veux en Open Bar
Pour du soir jusqu'au matin
Profiter de mon Pouvoir
                                                      Et aller encore plus loin

                                                      Si ton corps complètement soumis
Est chaud et en accès Gratuit
S'il répond à toutes mes envies
                                                      T'es sur la liste de mes Amis

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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 21:38

Maman, je t'AIME mais tu me TUES. Tu m'arraches ma personnalité par lambeaux, tu me crèves de reproches et de suggestions, tu éventres mes douleurs et les répands sur le sol brillant fraîchement astiqué de la cuisine, tu utilises tes futiles capacités psychologiques pour tenter de me percer à jour mais tu m'épuises. Tu claques une à une mes bulles d'amour envers l'Humanité toute entière que je sens éclore en moi parfois, tu dérobes mes paroles et t'exprimes à ma place alors j'en viens souvent à te haïr d'une force violente qui remonte de mes entrailles et vient se ficher entre mes lèvres, entends-tu la bribe d'un mot vulgaire chuchoter des insanités à ton égard en secret ? J'en viens à te mépriser, toi, ma chère et tendre, ma beauté, ma bourgeoise, ma sublime, mon apprêtée, j'en viens à me morfondre de faire partie de ta lignée parce que tu me protèges tant et si bien que tu finis par m'étouffer complètement.
Avec mon frère, nous t'enfonçons dans le corps un piquet chacun, que nous tenons fermement de nos mains névrosées, nous t'enfonçons en rêve l'un dans l'estomac, que tu cesses de bouffer à nos côtés et que tu arrêtes de nous préparer ces plats, l'autre dans la gorge et bien profondément ancré dans ta cavité buccale pour que tu te taises à jamais. Tu comprends ?
Et finalement, moi, je ne dis rien, cela te ferait trop de peine. Je te mens cependant de temps en temps pour m'assurer une marge, un espace vital et je crise discrètement lorsque le flot de ta présence accumulée déborde. Je te déteste. Je te vomis. Mais qu'est-ce que je t'aime, Maman.

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