Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 10:36

Rendez-vous fétiche de tous les lycéens parisiens, idéal pour faire la fête (littéralement boire jusqu'à l'effondrement et l'euphorie artificielle maximale) après une lourde semaine d'examens. Ils sont des milliers, ça grouille de partout. Ils sont regroupés en différents petits cercles au milieu desquels ils déposent leurs affaires et leurs victuailles, mais le mélange avec les autres ne saurait tarder. Tous ensemble, la fête est plus folle et ils ont les mêmes envies, les mêmes délires, les mêmes raisons d'être ici alors, portables greffés à l'oreille, ils cherchent maintenant de nouvelles connaissances parmi cet amas de filles maquillées à outrance titubant entre les garçons déchaînés, de bouteilles brisées éparpillées sur l'herbe, de cris de joie animaux ; ils s'enlaçent les uns les autres lorsque les recherches se trouvent fructueuses et chacun partage sa propriété alcoolique, petites gorgées amères qui troublent leurs terminaisons nerveuses, leurs sens, et visiblement, les libèrent.
Les policiers attendent non loin de là, flanqués de pompiers, prêts à intervenir. C'est surprenant de les voir aux aguets, impuissants à cette débauche, essayant de repérer les futurs comas éthyliques.
La nuit commence à tomber. De la musique s'évade des petites enceintes que certains ont amené mais le rythme techno est très largement étouffé par l'ambiance environnante. Le sol suintant de liqueurs aphrodisiaques accueille de temps en temps un adolescent qui s'y écroule violemment. A trop vouloir être superficiellement légers, ils en oublient la réalité et cette dernière s'impose plus durement à eux lorsque leur adrénaline redescend.
Mon sac sous le bras, je salue les personnes qui me reconnaissent, je leur souris et leur fait part de mes impressions sur ce fameux Bac. Je flotte dans cette atmosphère ouatée où tout le monde est déshinibé. Fête foraine.
Je surveille mon petit ami du coin de l'oeil, il tient une bouteille de whisky pur serré contre lui qu'il défend corps et âme contre des voleurs imaginaires, ses yeux brillent d'excitation et il vient parfois s'accrocher à moi lorsqu'il badde. J'essaie de le réconforter pendant qu'il s'excuse pathétiquement.
Il sait combien j'ai le coeur serré à le voir ainsi se transformer, jouer avec son corps et ses sensations, lorsqu'il perd toute dignité j'ai peur pour lui. Il sait aussi que j'admire ce comportement nonchalant et fêtard, parce que je ne pourrais pas me soûler ainsi : sans contrôle ni retenue de moi-même, qui sait ce que j'irai dévoiler...

Publié dans : FantasMique
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Commentaires

Et je pense à ces nuits, mon corps contre celui de cette douce déesse qui me demande de lui griffer bras, bas du dos et ventre, mes yeux dans les nuages et mon manteau d'étoiles bien loin, où je murmure pas si bas, hautaine, que "j'asservirai tous ces hommes, et l'un après l'autre, ils tomberont à mes pieds et me vénéreront telle une déesse". Quelle folie on peut déclamer quand on est bercé par le sommeil. La nuit porte conseil. Je ne dors plus, depuis, ni avec elle, ni ailleurs - qu'elle ne me raconte plus aux matins mes conneries déblateraient. Qui sait ce que j'irais dévoiler... J'aime les orgies sur place public, les magrebains filmant la jeune fille qui fait sous coma éthylique sous les yeux de son amie hallucinée, les vieils hommes qui suivent les ivres filles dans les ruelles, attendant qu'elles ne s'y égarent pour les violer, les jeunes qui heurtent mes anges pour provoquer la bataille. J'aime boire. J'aime la débauche. Je suis une désespérée. Mais les vrais désespérés sont ceux-là seuls qui vivent - sans vivre coeurs vidés, toujours s'éprennent, de lumières trop vives pour leurs iris craintives peu à peu, ils se transforment en d'éphémères phalènes. Lalala. Je n'ai pas peur, et je vais mourir. What the hell. Emma.
Commentaire n°1 posté par Emma le 25/06/2008 à 21h03
La folie s’empare de nous avec l'orgie de boisson, on demande encore et encore de cette Ambroise divine, jusqu'à qu'on perde conscience de nos actes... Alors on déambule telles des épaves, dans le mouvement troupeau de "jeune"(pour combien de temps encore ?)... On se croit roi avec le fric, les bouteilles à la main, les dernières trouvailles en mode, on rit à la vie, au lendemain.. Ce soir, je m'endors, heureuse d’avoir laissé mon corps dans la débauche de l'alcool, en colère lorsque la nuit je me réveille sous les bouffées de chaleur, la soif, la tête lourde comme une gondole... J'ai honte, de m'être laissé cette fois ci laissé attrapé par ce jeu superficiel... on m'y reprendra plus...
Commentaire n°2 posté par Sylvia le 26/06/2008 à 19h05
Je te félicite pour ton blog d'exception. Tu écris vraiment bien et j'apprécie particulièrement le fait qu'il ne soit pas bourré de fautes d'orthographes, d'émoticones et d'abréviations. C'est rare de trouver un blog sur les TCA qui ne soit pas pro-ana et uniquement focusé sur la perte de poids, mais sur le combat intérieur, largement plus préoccupant...Bon courage et tu peux faire un tour sur mon blog qui se construit peu à peu..

Bisou!
Commentaire n°3 posté par Two-of-Us-Ana-Mia le 31/05/2009 à 01h11

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